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« LE JARDIN DES MAUX’PASSANTS PREND LA POUDRE D’ESCAMPETTE »

Article de Romane Glotain, Association Le Jardin des Maux’passants.

 

LE JARDIN DES MAUX’PASSANTS PREND LA POUDRE D’ESCAMPETTE AU JARDIN DE L’ASSOCIATION « LES PETITS POIS »

 

"Le Tour de France des Jardins thérapeutiques à vélo est bien entamé : déjà passée par la Vendée, le Limousin, les Landes, je m’empresse de donner mon dernier coup de pédale jusqu’à la belle ville rose de Toulouse. Les établissements d’enseignement agricoles partenaires du projet, j’invite Emilie, formatrice en Aménagement paysager au CFA de l’établissement agricole de Toulouse-Auzeville à rencontrer avec moi le projet de l’association « les petits pois » le 2 juin dernier. 2 juin 2021 : première date nationale consacrée aux personnes atteintes de TCA (Troubles du Comportement Alimentaire). C’est d’ailleurs le jardin thérapeutique de cette association que nous partons découvrir.

 

Caroline Seguin, présidente de l’association et nutritionniste de métier nous reçoit au milieu des carrés potagers où s’entremêlent tomates, artichauts, petits pois ... Petit jardin de 100m2 accueillant insectes et oisillons se posant sur la petite table près du cabanon et du bac à poissons, l’espace est verdoyant de plantes alimentaires, un élément conflictuel  pour les usagers de ce jardin qui sont  particulièrement des femmes atteintes  de TCA (anorexie, boulimie, obésité...).

 

« Ce jardin est un des outils à médiation que j'utilise pour accompagner ces femmes dans la réhabilitation de leur maladie » nous explique Caroline. Dans ce lieu ressource, considéré comme une bulle protectrice, la maladie n’est jamais abordé mais les métaphores entre la maladie et le jardin sont amenées subtilement pendant les ateliers dynamiques ou contemplatifs. Par exemple, quand une plante meurt, ce n’est pas grave, la vie c’est aussi des échecs il y a toujours moyen de rebondir, le but est vraiment de leur faire des échos.

« Vous savez, ces troubles sont souvent liés à des difficultés relationnelles (violences sexuelles, violences physiques...) qui les amènent à une perte de confiance en soi, une incapacité à gérer leurs émotions et donc elles s’isolent et se réfugient dans la nourriture qui devient une addiction comme l’alcool, la drogue...). »

 

«  Quand des patientes sème une graine de petit pois dans un godet au lieu d’en semer plusieurs pour avoir plus de chance qu’une pousse, ça renvoie à la rondelle de carotte qu’elle se serve dans leur assiette au lieu de se servir des carottes. Ce sont des observations intéressantes en tant que thérapeute à analyser. »

 

L’objectif de ce jardin thérapeutique est vraiment de créer une symbiose entre le végétal et l’Humain afin de faire éclore un écosystème amenant une sorte de langage permettant de poser des mots sur leurs maux.

Caroline finira par « quand en fin de séance certaines se posent à la table présente dans le jardin, une petite victoire est née; la table qui était source de conflit devient lieu ressource. »

 

La Fondation d’entreprise Georges Truffaut a financé en partie les Jardins partagés de la Garonne abritant la parcelle de l’Association « les petits pois » en plus de financer directement la pancarte nominative devant le jardin thérapeutique.

Je reprendrai la route demain, continuer de pédaler pour rencontrer d’autres lieux, d’autres jardins thérapeutiques permettant d’oublier la maladie un instant, tout simplement."

 

Romane Glotain, Association Le Jardin des Maux’passants, 2 Juin 2021 à Toulouse